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Thank you for the blessing, for the loving, thank you for taking care of me

Thank you for the blessing, for the loving, thank you for taking care of me
Je m'apprête à soulager mon être. Je pensais avoir une après-midi tranquille en perspective, jusqu'à ce que, une fois la porte fermée à clé, la radio tournant en boucle des stupidités, quelque chose a commencé à me nouer la gorge. Je suis sur le point d'écrire sur ce que je n'ai jamais écrit, par peur de réactions certainement. C'est donc un avertissement de ma part en expliquant aux principaux intéressés que je ne ferai aucun commentaire sur ce que mes doigts me dictent ; arrachez-moi les mots de la bouche, convainquez-moi qu'en parler est la meilleure solution, aucun son ne franchira ma bouche.

J'en ai ma claque, d'avoir des bouffées d'angoisse à longueur de dimanche. Ma claque de ce sentiment de valise à l'approche des fêtes de fin d'année. J'en ai marre parce que j'ai l'impression d'être passée à côté de quelque chose pendant ce temps. Comme lorsque je culpabilisais pour vous ; tout cela est aujourd'hui derrière, et si je ne suis pas assez expressive par moment, si j'ai ton foutu caractère comme tu le dis, ou que je n'arrive pas à te parler à TOI JUST DEAL WITH IT. Je suis sûrement un magnifique mélange de vous deux, mais ne m'utilisez pas pour toucher l'autre. J'ai parfois l'impression que vous avez besoin de lui prouver que vous êtes au-dessus, que c'est bien vous le plus fort, mais si ce n'était pas aussi triste, j'en rirai tellement c'est grotesque.

Je suis loin d'être une enfant parfaite, et ce texte ne parle qu'en ''je'', j'en ai pleinement conscience. Je ne sais pas si je serais capable, un jour, de te prouver combien je t'aime, inconsciemment je te punis, et en faisant ça je me punis très certainement. C'est comme si je pensais que tu ne peux pas t'en tirer comme ça, alors oui, lorsque tu dis que c'est un sacrifice et que tu en souffres souvent je n'en doute pas, mais j'ai l'impression que c'est presque toi qu'on doit plaindre, et aussi pathologique soit-il, j'estime que la lésée dans toute cette histoire, c'est moi. Du moins ça l'a été moi pendant de nombreuses années. Peut-être que je te montre aussi combien ma vie est belle, comme pour me prouver à moi-même que j'ai réussi à me construire sans ta présence permanente.

Au fond je me demande bien à quoi ça tient , c'est quoi ces mots, sans ordre ? Et le jour où vous n'êtes plus là, je fais quoi moi au juste ? Vous ne saurez jamais combien j'en ai rêvé de ces portraits de famille, qu'on envoie comme carte de Noel, un bilan de notre bonheur, au reste de la famille. Ma famille à moi, elle est éclatée. Tout ce tas de merde, c'est une blessure à guérir, une histoire à laquelle je dois trouver une fin, un torrent de pleurs à sécher.

Laisser les années se succéder avant de se rendre compte que le temps n'efface rien, et atténue encore moins. C'est une part de haine que je dois constamment apaiser, de peur qu'elle n'éclate et ne blesse. La faute n'est à mettre sur personne mais aujourd'hui quelqu'un doit bien trimer, et j'ai comme une envie d'ouvrir ma gueule, et de me foutre des conséquences, désolée pour ce quart d'heure d'égoïsme concentré.

Même si, une fois encore ce n'est pas de votre faute, prendre un enfant pour un con n'est pas la bonne solution, peut-être ne saviez-vous pas laquelle prendre. Mais je sais que si je divorce un jour, je ne laisserai pas ma petite fille de 6 ans, plantée sur deux marches d'escalier, face à une porte qui renferme des hurlements incessants.

On ne devrait pas non plus avoir l'impression de se faire arracher le c½ur en y repensant, plus de dix ans après, pour ça, la faute vient sûrement d'un mal-fonctionnement d'ordre émotif.
Le pire dans cette histoire c'est de ne pas trouver de coupable, et de devoir me battre contre mes souvenirs. Quelle absurdité trouve-t-on dans les souvenirs restant...

Je me souviens d'avoir fait pleurer mon papa en lui marchant sur les pieds avec mes chaussures de princesse en plastique, juste avant notre départ au Maroc, et moi je ris, parce qu'un papa ça pleure forcément pour de faux – je me rappelle quand vous êtes venus me chercher parce qu'il fallait parler. De la table ronde, de tes genoux confortables, de maman qui dit que ce n'est pas par manque d'amour, de mon fou-rire nerveux – je me souviens des cris étouffés pour que tu nous reviennes – je me souviens des médecins, des entretiens, de l'interdiction d'être seule, même pour prendre un bain – je me souviens lorsque vous mettiez un bol de lait et des biscuits au bord de la cheminée la veille de Noël, pour faire plaisir au vieux barbu – je me souviens du diagnostic qui a révélé que grand-papa était fragile, et que sa fragilité portait le nom de leucémie, par moment je me souviens qu'il est encore en vie, à l'autre coin du globe, et que je ne lui ai jamais dit que je l'aime, de ses moments de silence, du masque qu'il porte en permanence pour garder le sourire, je me souviens de cela aussi – je me souviens des ''night night, don't let the bed bugs bite'' pour que je m'endorme – je me souviens des instants où tu étais encore là, où je croyais vos mensonges et où je culpabilisais pour vous – je me souviens de mon premier cours de danse, avec mes chaussons trop grands et mon chignon mal fait. De mes premières pointes et des sous-sols de l'Aula aussi. La mémoire raisonne parfois de manière étrange.

Si on le compare à d'autres divorces, il est vrai que le vôtre est réussi. En vous laissant comme ça, face à mon texte sans aucune explication, il est possible que je me venge, même si une fois encore vous n'êtes pas fautifs, mais je ne vais pas me justifier, ni vous dire que je suis désolée, car j'estime que certains maux sont essentiels, et je sais que votre incompréhension ne sera que passagère, comme l'est mon besoin d'écrire.

Je préfère prendre ce qui vient, jeter ce qui part, mettre les choses au clair dès le départ, et n'engager aucun sentiment. La déraison adolescente finira bien par ne plus être au goût du jour, mon bilan sur les adultes est peut-être précipité, mais s'il en est un autre qui ne l'est pas, c'est bien celui-là :

Votre divorce au final, c'est ma déchirure.


Voilà je vous laisse face à tout ce qui peut vous passer par la tête. Je ferme mon application Word, je publie ça sur Skyrock, je plie mon ordinateur, j'écoute Bach, j'essuie mes larmes, Je vous aime, comme des parents merveilleux, toujours attentionnés lorsque la vie m'écorchait, comme des parents qui m'ont soulagés lorsque le poids de tout devenait trop lourd. Je vous aime comme une petite fille à ses parents, vous avez, êtes et serez mes modèles, même si je n'en ai pas donné l'impression dans ces lignes ; et si je ne peux donner que la moitié du bonheur que j'ai reçu à mes enfants, je sais qu'ils seront heureux.

# Posted on Thursday, 04 December 2008 at 9:54 AM

Edited on Thursday, 23 April 2009 at 2:36 PM

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